Je ne dessine pas, je rends visible quelque chose, quelque part caché à nos regards

Dans ce monde qui se montre à nous
, maillé dans des spatialités inextricables, je fais des promenades incertaines dans des dimensions insonores. J'y rencontre ces éclaireurs qui ne communiquent que par ondes et vibrations. Ils nous montrent une plasticité autre faite de formes et de couleurs.

Par une logique étrange, en dépit du bon sens, j'ai autrement pensé ou dit. Une approche par le vide, avec derrière, tout ça qui nous dépasse.





A chaque moment de chaque intervention
, ce que je dois faire arrive comme une danse visuelle, comme envoyée au fur et à mesure pour devenir visible, au-delà d'un regard propre.

Alors dans la réalité absurde d'autres dimensions je danse, je trace, regardant dans l'extra-sensible, pour y voir un ordonnancement inconnu, toujours incertain.





L"univers suppose des lieux inouïs,
réels, multiples, à même les espaces de notre réalité mais à notre insu

Hors temps et hors espace, au cours de mes déambulations je pouvais m'approcher silencieuse et solitaire d'une masse virtuelle atemporelle





Je suis effrayée par cet inconnu perpétuel
, depuis le jour où le monde que nous connaissons s'est ouvert à ses dimensions cachées, devenues soudain accessibles pour refaçonner les regards et les esprits.

Par couches successives je dessine, ça se dégrossit in situ, dans le champ symbolique du monde. Au détour d'un lieu, sans préconçus, recréer celui-ci, redessiner une réalité déjà imaginaire.






Ce qu'il faut dire de ces qualités spatiales,
c'est qu'elles se connaissent comme du dedans, dans une réalité serrée, cachée dans l'opacité du monde.

Voyager, s'y perdre, s'en transporter à coup de tracés, de lumières et de miroirs.





juillet 2017

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L'espace multiple

Le lieu comme miroir de nous-même. L'ouverture d'un champ hors mesure.


Je trace, des lignes, des axes, des leurres, dans l’espace du site,"in situ" , capables de déstabiliser les codes qui fabriquent le lieu, saisir les regards qui interprètent, et nous imbriquer dans un espace aux dimensions inconçues.


Perdre la maîtrise du regard est une chose, changer les perspectives en est une autre, il est indispensable de ressentir directement, d'expérimenter physiquement les possibles qui habitent l’espace où nous sommes pris.


Chaque installation devient moment d’inconnu, dialogue projectif, champ spatial inédit. L'intervention explore jusqu’au chaos des géométries nouvelles, la versatilité infinie du lieu et de l’espace.


Les incertitudes et précarités du monde reflètent combien l'espace est enchâssé dans notre imaginaire. Il n’y a de limites que celles de notre esprit et nos préconçus du monde. Une fois dégagés de nos présupposés euclidiens et psycho-morphologiques, et avec eux de nos concepts spatiaux, nous sommes mis radicalement en question par l'espace, notre imaginaire s'y abîme.



Nos assurances spatiales mises à mal, les configurations et représentations de l’espace tombent pour laisser place à une ouverture sans limites, un champ d'inconnus spatiaux inouïs, des mondes inédits.



septembre 2016

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L'aventure topologique
, la voie du corps


Au sortir de mes études de Dessin, je décide de démarrer avec le tracé du corps. Plus vaste que le physique, le corps est cet espace insaisissable, sorte d'intérieur-extérieur fait d'humeurs, d'air, d'échanges. L'image du corps devenait énigme. Déposer sur papier l'image d'un corps que je devinais plus que je ne le voyais, aucun dessin n'y parvenait. Nous n’avons de corps que nos préconçus ; de l'imaginaire plaqué sur un ressenti.

Ce qui tout du long allait m'intéresser finalement, c'était non pas le corps mais l'espace du corps; et d’une certaine manière j'y travaille toujours.



L'anneau de Moebius, où deux faces ne font qu'une, le 1 dans le 2, un intérieur-extérieur, concrétisait le corps selon l'idée que j'en avais. C'était une révélation, tout-à-coup s'ouvrent tant de possibles par rapport à mon optique de départ. Le corps bascule dans l'anneau, devient bande de Moebius, plus besoin de le dessiner. Ce glissement vers l'anneau opéré, il me fallait plastiquement l’explorer pour pouvoir rencontrer, jouer de cet objet topologique. Mais se dessine un corps tellement loin de notre réalité, que je n'en sais plus rien.

Dans la foulée le monde se lâche, se libère, s'ouvre à la topologie, sort de la géométrie euclidienne, le monde bascule, j'en perds le fil, une béance commence à s'écrire.



Une évidence s’impose : c’est le regard qui chemine sur l‘anneau, qui est pris dans l’espace topologique. Dès lors, l'anneau deviendra et topologique et transparent. La bande affranchie de tout repère, nos sens de l’espace ne maîtrisent plus aucun donné, nos images mentales, notre cerveau s'y perdent. Avec mes expériences non euclidiennes, haut, bas, avant, arrière, proche, éloigné, sont radicalement mis en jeu.

L'anneau de Moebius devenu topologie du subjectile, je ne dessine plus le corps ni l’anneau. Libérée de mon besoin de l’image, dégagée du corps, ne reste que l’espace a priori



juin 2016